Légendes Occitanes part II

Avec le succès de l’autre article sur les légendes occitanes, choses promises choses dues, voici le second article sur les mythes de la région ! 

Les monts Saint-Clair, Saint-Loup et Ventoux :

Mais d’où vient le nom de ces monts très connus dans le sud de France ? Et surtout à quand un mont avec mon prénom je vous le demande ?! 

Et bien selon une vieille croyance datant du Moyen-Âge (de toute façon y’avait que de ça, des croyances, à l’époque ! Ça se saurait si Jacquouille était homme de science), le nom des monts serait inspiré de l’histoire des trois fils du grand seigneur de Saint-Martin-de-Londres. Le benjamin : Loup (Mont Saint-Loup, ça se tient), le cadet : Claire (on est toujours bon) et l’ainé : Guiral (alors là rien avoir avec la choucroute, Ventoux et Guiral c’est quand même un peu éloigné). 

Bref. Riri, Fifi et Loulou avaient eu la super idée de tomber amoureux de la même fille : Bertrade. Elle devait être vraiment canon, parce que Bertrade, on va pas se mentir c’est un prénom à coucher dehors. La pauvre enfant partait avec un gros handicap dans la vie là et ce n’est pas allé en s’arrangeant vu que les trois frères décidèrent de lui déclarer leur flamme, et puis tous en même temps quoi, c’est la fête à la cacahuète ! Elle n’a pas le temps de souffler la pauvre !

A côté de cela, les trois frères devaient également avoir de super arguments chacun, puisqu’elle n’arriva pas à choisir : par la moindre once de calvitie, cultivés, beaux gosses, riches (c’est des fils de seigneur tout de même). Enfin la Bertrade, c’était pas la plus a plaindre à l’époque, la vie était pas trop dure avec elle quoi ! 

Mais bon elle se retrouvait quand même avec un sacré dilemme. Personnellement j’aurai choisi Guiral, parce que c’est l’ainé et que je serai devenue Dame de Saint-Martin-de-Londres grâce au droit d’aînesse, mais bon sainte Bertrade voulait avoir une morale et les départager impartialement. Aussi elle se tourna vers Dieu pour savoir lequel prendre pour époux. Dieu qui n’avait vraiment que ça a faire c’est bien connu, pris tout de même la peine de lui répondre et lui conseilla d’envoyer les prétendants à Jérusalem, et que celui qui ayant fait le plus d’actions glorieuses là-bas l’épouserai. 

Ils partirent. 

Au bout de quelques temps Bertrade commença à trouver le temps long (l’avait-elle un peu cherché ? croyez-vous ?) Les trois mousquetaires apparemment en plus d’être de bonne naissance et tutti quanti, devaient être de bonnes personnes car ils ne revenaient pas (c’est du taff d’agir pour les autres). Bertrade commença à craindre le pire et se dit qu’ils avaient dû mourir, pas de chance pour la femme la plus convoitée 3/3 des prétendants kaput c’est triste ! Culpabilisant pour le décès de ses trois prétendants, elle refusa de se nourrir et mourut de faim. 

Sauf que c’est ballot, en fait aucun des trois n’étaient mort, ils étaient juste en train de réaliser des exploits et peaufiner leur bronzage ! A l’annonce de la mort de Bertrade, ils se dirent qu’il était peut être un peu temps de rentrer vu qu’il n’y a avait plus personne à impressionner (les mecs je vous jure) ! Mais ce qu’on ne peut pas leur enlever c’est qu’ils l’aimaient vraiment car effrondré, ils choisirent d’aller vivre sur trois monts éloignés, mais disposés en triangle par rapport au lieu où reposait leur bien-aimée. Je ne sais pas si c’est glauque ou ultra romantique, dans tous les cas c’est pour perpétuer leur mémoire que les trois monts furent baptisés de leurs prénoms (sauf Guiralon a toujours pas pigé le délire).

Morale de l’histoire : un “tiens” vaut mieux que deux “tu l’auras”, ou trois même. 

la Légende de la Grotte de la Clamouse à Saint-Guilhem-le-Désert

“Une pauvre paysanne, abandonnée par son mari, élevait tous ses enfants de son mieux”. 

Déjà, le décor est planté, ici il n’y aura pas de happy ending, ça sent l’histoire qui finit en biberine à 8 km ! 

Mais bon malheureusement, la France, à l’époque c’était pas l’état de la solidarité donc bon, la pauvre dame ne touchait aucune CAF. Aussi, pour ne pas tous crever de faim, elle proposa à son fils aîné, de 10 ans (oh beh ça va il est presque vieux) d’aller taffer en tant que berger dans les Causses, près du village de La Vacquerie. Franchement bon plan, à l’époque les moutons c’est une denrée appréciée (laine, viande, cuir et j’en passe). Bref. Le ptit gars, Estiénou de son petit prénom (si ça c’est pas occitan, ça ressemble à Etienne mais en plus mignon), vit sa meilleure vie loin de la famille et aime ses petites bêtes. La vie est pas trop mal on va dire ! Mais bon, le Estiénou, c’est un gentil petit quand même, alors tous les dimanches il jetait dans un abime du Causse, une branche verte qu’il décorait avec son couteau, à travers. L’eau souterraine transportait la branche jusqu’à la résurgence en contrebas, où vivait sa mère.

“Oh mais quelle jolie histoire, finalement c’est pas si triste que ça, l’auteur dit n’importe quoi !”
Oui nous aussi on aurait préféré… Un jour, le troupeau de la mère d’Estiénou fut anéanti par la maladie (et oui parce que la maman aussi, elle était dans le business du mouton). Aussi pour l’aider, Estiénou, lui envoya de la même façon que le bout de bois, chaque mois, un agneau. 

Donc au final c’était un peu le petit rendez-vous de la madre tous les mois ! Elle avait l’impression sûrement de continuer à entretenir un lien avec sa progéniture (psychologue de comptoir et fière de l’être). Donc à chaque première nuit sans lune, elle se présentait aux abords de la grotte. Un jour qu’elle attendait sa livraison dans ma zone… Elle reconnut dans l’eau le corps inerte, emporté par l’eau, de son fils. (on vous avait prévenu c’est pas une histoire drôle, vous ne voulez jamais nous écouter). Le drôle avait été entraîné par l’agneau super vigoureux dans les tumultes. La mère de notre petit Etienne devint complêtement folle (vous me direz y’a de quoi quand même, c’est un peu traumatisant). Pour libérer sa douleur, elle se rendit chaque nuit au bord du gouffre pour hurler. C’est ainsi que le nom de la grotte trouva son nom, car Clamosa signifie clameuse ou hurleuse, en hommage à la source près de laquelle avait tant pleuré cette mère.  

Morale de l’histoire : apprendre à nager au club mickey dès le plus jeune âge n’est pas négligeable et éviter de laisser ses enfants devenir berger à 10 ans. 

la Cathédrale de Villeneuve-les-Maguelonne

Aaaah enfin une belle histoire, enfin chut on spoile rien ! 

Tout commence au Moyen-Âge, où le fils d’un comte de Provence, Pierre, décida de partir pour l’Italie. Une envie de calzone ? Que nenni, le Pierrot c’est un conquérant, un aventurier de l’amour ! Il avait entendu dire qu’une belle princesse s’appelant Maguelone, habitait à Naples. L’histoire se serait arrêtée là si la princesse avait été un thon, et ça aurait aussi été super drôle, mais comme sa réputation le disait la princesse était d’une grande beauté. 

Pour la rencontrer, il fallait gagner un tournoi (de joute je suppose, car un tournoi de belote y a plus chevaleresque). Évidemment, notre Pierre national gagna sa partie (sinon il n’y aurait toujours pas d’histoire) et fut présenté au roi et la princesse lors du souper. 

Lorsqu’il arriva sur les lieux, directement leurs yeux se croisèrent et ce fut la totale : coup de foudre à Notting hill, papillons dans le ventre, feux d’artifice ! Bref, les deux jeunes gens tombèrent éperdument amoureux l’un de l’autre. Et pour prouver à sa promise son amour il lui offrit  trois anneaux d’or (alors si un fils de comte veut prouver son amour de la sorte, qu’il se manifeste, i’m ready). Donc forcément qu’est ce qui vient à l’esprit quand on est fougueux, amoureux et qu’on est pas fiancé l’un à l’autre? 

“Et si on s’enfuyait ? On s’aimerait au grand jour, tu serais mienne et moi je serai tien”

Bingo ! Un soir, ils décidèrent donc de s’enfuir à cheval. Histoire de faire une petite halte pour manger un petit kebab (vivre d’amour et d’eau fraiche ça va deux secondes, même eux ils le savent), il s’arrêtèrent au lever du soleil au bord de la mer. Sauf que qu’est ce qu’il y a au bord de la mer ? Des mouettes bingo ! (les témoignages historiques ne nous confirment pas qu’ils s’agissent réellement d’une mouette mais bon on ne nous la fait pas à nous). Quoi qu’il en soit, le fichu volatil déroba les trois anneaux d’or de la princesse et s’enfuya en direction du large. 

Un volatile cleptomane certes, mais particulièrement agile il faut le reconnaître ! Valeureux comme il l’était, le Pierre parti à la poursuite de l’anneau (pas l’anneau unique hein, on est toujours dans la même histoire pas de dérives s’il vous plait, y’en a assez comme ça), mais le malheureux se fit attraper par un un navire maure venant d’Afrique, et devient leur prisonnier.  

On ne va pas accabler les maures, parce que bon, le Pierre, il était parti dans une embarcation à 3 francs 6 sous, donc cette capture lui a probablement sauvé la vie. 

De son côté, Maguelone attendait désespérément sur sa plage, à faire les cent pas. Plus de mec et plus de bijoux, maudit soit ce pigeon des mers ! Enfin pour s’occuper, pas de switch ou de nintendo, donc bon elle dû trouver autre chose. Après avoir fait une énième marche et arriva sur une petite île, tout à fait charmante, elle décida d’y fonder un hôpital (qu’elle appela Port Sarrazin) et une église (qu’elle appela Saint-Pierre). Alors oui c’est tout à fait normal à l’époque, aujourd’hui ça ne serait pas la priorité mais à l’époque vraiment c’est la petite activité quand on s’ennuie. Ca ou également de la broderie, du tressage de cheveux, etc. Dieu merci je suis née des siècles plus tard !

Des années plus tard, Pierre fut libéré par le sultan grâce à ses bons et loyaux services! Première chose à laquelle il pensa : retrouver sa princesse! Si c’est pas beau ça qu’en même ! Le problème c’est que son équipage, il le prit pas très bien d’être abandonné par Pierre, aussi ils l’abandonnèrent sur une île. (Quelle épopée!)

Alors on ne connaît pas tous les détails, mais suite à un accident de première envergure d’ouverture d’huîtres, pierre eut besoin de premier soin. Il fut chanceux puisque des pêcheurs qui … pêchaient probablement dans le coin, le retrouvèrent et le ramenèrent à l’hôpital le plus proche. (Là vous commencez à faire le lien). Mais c’est bien sur l’hôpital de Port Sarrazin, quand il arriva, il retrouva la belle Maguelone ! et selon la légende de leur réunion naquit la cathédrale de Maguelone.

Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et mangèrent beaucoup de fruits de mer !

Morale de l’histoire : direction la poubelle pour Roméo et Juliette, Team Pierrot et Magui ❤️

le Château de Castelbouc

Alors comme son nom l’indique, cette histoire va parler de bouc ! C’est pour nous ça nous fait plaisir, après le mouton et la mouette, c’est une spéciale animaux aujourd’hui ! Donc, en 1096, tous les seigneurs et hommes valides étaient partis à la Croisade. Un seul était resté, Raymond (le couard un peu). Dans un sens, malin le lapin le Raymond, lui il reste sur les bords du Tarn tranquillou, dans son château (oui parce que Raymond est seigneur) pendant que les autres vont à la guerre où ça pue et où ils risquent leur vie. Enfin ça tente moins quoi. Et mieux encore, toutes les femmes dont les maris étaient partis à la guerre, commencèrent à passer leur temps auprès de Raymond! 

Grand seigneur qu’il est, il les réconforta les pauvres esseulées, sans évidemment attendre de contreparties, bien sûr c’était fait de façon absolument innocente ! 

Bon jusque là 0 intringue, jusqu’au moment où une vieille femme le prévint que «tout finira mal ». Pas flippant du tout cette histoire, pourquoi y a-t-il toujours des gens louches qui viennent lâcher leurs menaces comme ça ? Incroyable cette histoire. Bon beh ce qui devait arriver arriva et le soir même, il rendit l’âme (probablement de trouille à cause de la vieille carne qui l’avait menacé ! On vous rappelle que c’est pas un courageux).

La nuit suivante, la vieille femme, qui rôdait, parce qu’elle est bizarre, vit un grand bouc planer au‐dessus des rochers du manoir. Nul doute possible : l’âme de Raymond s’était réincarnée en bouc. Inutile de vous rappeler que le bouc est présent dans la mythologie grec et romaine sous la forme de satyres, qui sont des coureurs de jupons. Cela fait étonnamment résonance à notre coquin de Raymond, qui consolait les femmes du château, Raymond le fripon comme j’aime à l’appeler !

Depuis, on entend parfois la nuit un bêlement suivi par d’étranges murmures. En hommage à Raymond, le château prit le nom de Castelbouc (« castel » en occitan voulant dire « château »). Honnêtement je trouve que c’est cher payé pour un seigneur qui a fuit la guerre et qui en plus était un casanova ! De plus, si je puis me permettre une petite intervention auprès du créateur de la légende, je la trouve un peu tirée par les cheveux… C’est dit. 

Morale de l’histoire: Éviter de faire le malin avec les femmes des autres et être gentil avec les animaux au cas où.

Bon c’est pas le tout, mais voilà encore un article de fini et plein de nouvelles choses apprises ! C’est comme avec Vtech ici, on apprend en s’amusant ! On espère que  Légendes Occitanes part II, vous aura plu autant que le premier et si c’est pas le cas bah… rendez-vous dans la cour de récré à 17h !

Quel petit bout-en-train je fais ! en tout cas à très vite les enfants ! 

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